Le Vénérable Père Marie-Antoine de Lavaur, capucin, appelé Le Saint de Toulouse (1825-1907)
  
 
 
 
Vous êtes ici :   Accueil » Le Chemin de croix: 3° et 4° stations
    Imprimer la page...

Le Chemin de croix: 3° et 4° stations

 

CHEMIN DE LA CROIX MÉDITÉ
par le Père Marie-Antoine
 

TROISIÈME STATION

A Bétharram : Jésus condamné par Caïphe.

Au Chemin de la Croix ordinaire : Première chute de Jésus.

LES TROIS CONDAMNATIONS ET LES TROIS CHUTES


Missel-3.jpg

La réunion de ces deux scènes de la Passion : Jésus condamné par Caïphe et la Première chute de Jésus, n'est pas fortuite, elle renferme un grand enseignement, et nous donne la clef d'un grand mystère.

Vous remarquerez, dans la Passion de Jésus-Christ, trois condamnations et trois chutes. Et pourquoi? Voici : il y a trois abîmes où est tombée l'humanité, trois abîmes où elle continue de s'engloutir, ce sont les trois concupiscences: 1’orgueil, 1'avarice, la sensualité.

Quels affreux abîmes! Quels terribles châtiments pour leurs victimes.

L’orgueil, le péché de l’esprit, est puni par la perte de l'intelligence; l'avarice, péché du cœur, est punie par la perte de tout amour; la sensualité, péché du corps, punie par les plaies honteuses et les plus déchirantes douleurs.

Chacun de ces trois abîmes appelle l'autre abîme: Abyssus abyssum invecat (Ps. 41, 8). Et puis arrive la grande voix des cataractes de la justice divine : In voce cataractarum tuarum (ibid.), cette grande voix qui retentit comme un tonnerre : allez, maudits! allez au fond des enfers! Allez brûler éternellement dans les feux vengeurs!  Discedite a me maledicti in ignern œternum. (Matth. 25, 41). Pendant votre vie vous avez roulé de chutes en chutes, roulez maintenant d’abîme en abîme: vous avez saturé votre vie d'orgueil, d'avarice et de volupté, rassasiez-vous maintenant de soufre, de bitume et de feu!

Voilà le sort malheureux et l'épouvantable sentence qui planait sur la tête de l'humanité. Mais, ô Jésus, divin Agneau, doux Sauveur de nos âmes, l'amour triomphe, la justice accepte l'échange et c'est vous qui voulez être la victime : je vous vois incliner les cieux et descendre jusqu'au fond des abîmes.

Pour nous délivrer des trois tentations de l'homme, vous acceptez trois condamnations.

Par Caïphe, l'orgueil vous condamne.

Par Hérode, la volupté.

Par Pilate, l'avarice.

Ce n'est pas assez, vous consentez à faire trois chutes pour nous enseigner à nous relever nous-mêmes et à sortir des trois abîmes.





 
QUATRIÈME STATION


A Bétharram : La Flagellation de Jésus.

   Au Chemin de la Croix ordinaire : La rencontre de Jésus et de sa Mère.

LA MÈRE DES DOULEURS

Missel-4.jpg


Ces deux scènes de la Passion doivent-elles s'exclure? Non. Il y a encore ici harmonie parfaite.

Voici ce que je lis dans les récits antiques de la passion de Jésus-Christ: “Lorsque Notre-Seigneur subit l’ignominieux et si douloureux supplice de la flagellation, sa sainte Mère, retirée dans un coin du prétoire où la foule était admise, put le voir de loin lié à la colonne. Elle entendit les bruit des fouets tombant à coups redoublés sur la tendre victime et elle vit le sang couler de tout son corps déchiré et meurtri.”

Ce qui est écrit dans le livre de la tradition est écrit dans le grand livre de la nature, et dans le livre plus grand encore de la rédemption divine. Là où se trouve l’enfant pour souffrir, là se trouve toujours, à moins d’obstacles invincibles, sa mère pour compatir et endurer dans son cœur toutes les souffrances que celui-ci endure dans son corps.

Si peu que l’accès fut possible, il faut donc croire que Marie assistât à la Flagellation. Voilà le cri, la loi de la nature. C’est qu’il n’y a rien sur la terre de plus intimement uni que la mère et l’enfant. La naissance, en le séparant de sa mère, loin d’affaiblir l’union, la fortifie.  L'enfant entre alors dans son cœur et rien ne saurait l’en arracher : « Les liaisons, dit le plus grand des orateurs chrétiens, demeurent toujours si fermes qu'aussitôt que les enfants sont agités, les entrailles des mères sont émues, de telle sorte que toutes les douleurs des enfants sont en même temps les douleurs de la mère. »

Voilà la loi de la nature, elle est commune à toutes les mères, mais il est une autre loi, et celle-ci est exceptionnelle, elle ne regarde que Marie, la mère par excellence, la plus aimante des mères, la Mères Immaculée! La grande loi de. l'expiation... Marie expie pour Eve : la même part qu'Eve, la plus cruelle, la plus coupable des mères, a eu dans la prévarication, dit saint Bernard, Marie doit l'avoir dans la Rédemption: Eva suggesit prœvaricationem, Maria ingessit Rédemptionem.

La flagellation n'est pas l'œuvre d'un jour ni d’une heure, dit le Saint-Esprit, par la bouche du Roi-Prophète, elle date du premier péché, et elle ne finira qu'avec le dernier des crimes. L'agneau qui est toujours immolé est toujours flagellé, écoutez ses plaintes : Supra dorsunt meum fabricaverunt peccatores, prolungaverunt iniquitatem. (Ps. 128, 3). Eve ayant coopéré la première à la flagellation, Marie doit, la première, en ressentir au cœur les blessures.

Toutes les blessures que reçoit Jésus dans son corps, Marie les reçoit dans son âme : Vulnerit corporis Christ, vulnera cordis Mariæ. Vous ne pouvez séparer ces deux victime: Quod Deus conjunxit homo non separet (Matth. 19, 6). Liées à la même colonne pour la flagellation, elles seront, dit saint Bernard, placées sur le même autel pour l’immolation. Car, ajoute saint Bonaventure, s’il y a deux corps, il n'y a ici qu'une âme et qu'un cœur.

Le cœur vivant plutôt dans l'objet aimé que dans la poitrine de celui qui aime, tout le cœur, toute l'âme de Marie est passée en Jésus, et deux coupes d'or à la fois se remplissent pour la rédemption. Dans la première, est le sang du corps de Jésus, dans la seconde les larmes de Marie, qui sont le sang de son cœur. Une seule goutte suffit pour sauver tous les mondes, une seule de ces larmes suffit pour obtenir ce salut. Mais ce qui suffit à la justice ne suffit pas à l'amour, et les coupes d'or se remplissent toujours! Oh! sang précieux, sauvez-moi. Larmes de Marie, sanctifiez-moi.


 
Pour en avoir la source en fac simile, (suite 3) (suite 3b) (suite 4) (suite 4b) (suite 4c)

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 11/03/2009 22:24
Dernière modification : 25/08/2011 22:35
Catégorie : - Les chemins de sainteté du P. Marie-Antoine
Page lue 1634 fois

Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !