Le Vénérable Père Marie-Antoine de Lavaur, capucin, appelé Le Saint de Toulouse (1825-1907)
  
 
 
 
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Le Chemin de croix: 5° et 6° stations

 

CHEMIN DE LA CROIX MÉDITÉ
par le Père Marie-Antoine
 

 
CINQUIÈME STATION


A Bétharram: Jésus couronné d’épines

Au chemin de croix ordinaire: Simon le Cyrénéen porte la Croix avec Jésus.




LE ROI D’AMOUR
 
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Un roi porte une couronne, un roi a un trône.

Voici le Roi d’amour, sa couronne doit affirmer son amour, son trône doit exalter son amour! Jamais couronne plus belle, jamais trône plus beau: des épines, voilà la couronne; une croix, voilà le trône. Oh! la belle couronne de l’amour! Oh! le beau trône de l’amour!

En face de Jésus, Satan, le roi de haine, a dressé son trône d’or, et place sur son front une couronne de roses.

Il faut choisir entre ces deux Rois.

Le Cyrénéen ne connaissait pas Jésus, aussi détournait-il la tête; on dut le forcer à porter la croix. Hunc angariaverunt ut tolleret crucem Jesu. (Matth. 27, 32).

Mais à peine s'est-il approché de Jésus, a-t-il touché la Croix, le voilà transfiguré. Le Roi d'amour a remporté la victoire, son choix est fait, Jésus est son Roi. C'est sous son étendard qu'il vient combattre et mourir; ses épines, sa Croix, voilà l'unique trésor de son âme.

Un jour, la France était en péril, nos vieux pères se trouvaient à Bouvines, en face de légions formidables. L'amour seul remportant les victoires, Philippe-Auguste, roi de France, avant d'engager la terrible bataille, veut un témoignage d'amour, que fait-il? Il dresse un autel au milieu du camp, il y place sa couronne et s'écrie : « Chevaliers, voilà ma couronne. Si vous en connaissez un parmi vous plus digne que moi de la porter, qu'il vienne et il sera mon roi; si vous me voulez pour roi, soyez prêts à voler à ma suite et à mourir. » Et tous d'agiter leur bouclier et leur lance, et de s'écrier à la fois : « Nous ne voulons d'autre roi que Philippe-Auguste, avec lui nous combattrons, avec lui nous mourrons”, et l’ennemi fut broyé.

Je vous offre le choix: voici Jésus couronné d’épines, voici Satan couronné de roses. Voici Jésus vous offrant la Croix, voici Satan vous offrant ses délices.

Ô Jésus, notre choix est fait, vous seul serait notre Roi, à vous toujours, à vous à la vie, à vous à la mort, à vous dans le temps, à vous dans les siècles des siècles.


 
 
SIXIÈME STATION


A Bétharram : L'Ecce Homo.

Au Chemin de la Croix ordinaire : Sainte Véronique essuie la Face de Jésus.




LA SAINTE FACE
 
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L’ECCE HOMO, LA SAINTE FACE ! Oh! touchante et admirable harmonie! La Face imprimée sur le suaire de Véronique n'est-elle pas celle que contemplèrent les Juifs quand Pilate leur dit, en leur montrant Jésus : VOILÀ L’HOMME! ECCE HOMO!

Vous savez la réponse : « Nous ne voulons pas de cet homme! Donnez nous Barrabas. – Que faire donc de Jésus? - Qu'Il soit Crucifié! Qu'Il soit crucifié! Crucifigatur! Crucifigatur! (Matth. 27, 23)

Tandis que de la terre s’élèvent ces blasphèmes, ces cris de fureur, des cieux descendent des louanges et des adorations. Les anges prosternés contemplent avec ravissement la face de Jésus. “Voici mon Fils bien-aimé”, redit Marie. Et ces louanges et ces adorations, ainsi que ces clameurs et ces blasphèmes continueront devant cette face adorable jusqu’à la fin des siècles. Le jour où l’adoration cesserait et où le blasphème triompherait, serait le dernier jour du monde. Ne dirait-on pas que nous approchons à grands pas de cette catastrophe suprême? Quelle ardeur pour le blasphème! Quelle tiédeur dans l’adoration!

Voici donc l’heure du combat décisif, la Sainte Face de Jésus, voilà le signe de ralliement. Jésus a voulu rester invisible dans l’Eucharistie. Mais il a voulu se rendre visible par cette Sainte Face pour réunir autour d'elle les hommes et par elle les confirmer dans l'amour.

Il n'a pas voulu nous laisser la Face brillante qui avait ébloui les Apôtres sur le Thabor, il nous a laissé la Face couverte de poussière, de sueur, la Face déchirée par les épines et ruisselante de sang, la Face de l’amour. Par elle, il a conquis les cœurs, par elle il a conquis le monde.

Des traditions respectables nous racontent cette conquête, écoutez :

L'empereur Tibère entendit parler à Rome de Jésus, la lecture des Actes de sa Vie et de sa Mort envoyés par Pilate le touchèrent profondément. Ayant appris qu'à Jérusalem se trouvait sa Sainte Face et qu'elle y opérait de grands miracles, il veut la contempler. Véronique, accompagnée de deux disciples, vient elle-même la lui présenter. L'empereur ravi s'écrie aussitôt : « Celui-ci n'est pas un homme, c'est un Dieu! » et assemblant le Sénat, dit Tertullien, il demande une place pour Jésus au milieu des dieux de l'empire.

Voilà la conquête de Rome! Voici celle de la France, la fille aînée de Rome. Les mêmes traditions la racontent.

Pendant que Véronique était encore à Rome, un grand miracle, s'accomplit. La Face de Jésus devient vivante sur son Suaire, de nouveau elle est toute trempée de sueur et de sang. Véronique de tomber aussitôt à genoux, et, l’essuyant, d'en recueillir l'empreinte sur un second suaire1. Dieu destinait ce trésor à notre France. Le premier Suaire est laissé à Rome, et celui-ci nous est porté par Véronique, quand la barque fragile, sans aviron et sans voile, où l'avaient jetée les Juifs, avec Zachée son époux, aborda miraculeusement au rivage bordelais, à peu près en même temps que celle de Marthe et de Marie-Madeleine abordant en Provence. Voilà la France elle aussi conquise par l'amour!

O Rome!2 O France, toujours unies, toujours inséparables dans la tradition de l'histoire comme dans les conseils de Dieu, restez toujours inséparables, restez toujours fidèles à l'amour.
O France du Christ! regarde toujours la face de Jésus, contemple, adore, tressaille, il est ton Père, il est ton Roi!
Malheur, trois fois malheur si Dieu irrité entend encore monter jusqu'à la Face de son Fils l'injure et le blasphème!
O mon Dieu, par la SAINTE FACE DE JÉSUS, pitié pour Rome!
O mon Dieu,
par la SAINTE FACE DE JÉSUS, pitié pour la France!


1. Au sanctuaire de la Sainte-face à Tours.
2. L'Italie a adopté des lois anticléricales en 1877.

 

 
Pour en avoir la source en fac simile: (suite 5) (suite 5b) (suite 6) (suite 6b) (suite 6c)






 


Date de création : 11/03/2009 22:41
Dernière modification : 25/08/2011 22:36
Catégorie : - Les chemins de sainteté du P. Marie-Antoine
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