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   Le Vénérable Père Marie-Antoine de Lavaur, capucin, appelé Le Saint de Toulouse (1825-1907)
  
 
 
 
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3. La Corse terre de mission pour le P. Marie-Antoine

POUR LE PÈRE MARIE-ANTOINE

OU

LES MERVEILLES DU "SAINT DE TOULOUSE"

À BASTIA

 

 

Pour écouter l'interview du P. Emmanuel curé de Notre-Dame de Lourdes et de Jacqueline Baylé

Radio Salve Regina, cliquer .../...

 

 

À notre connaissance, aucune raison particulière ne devait nous amener avec l’exposition en Corse. Le P. Marie-Antoine n’y a pas mené de mission. Qui connaît là-bas le Saint de Toulouse ? Nous allons très vite apprendre que les desseins de Dieu ne sont pas les nôtres. Et qu’il vaut donc mieux être très attentifs. Nous le sommes depuis bientôt 15 ans, mis au pas par le Père, qui sait fort bien se faire entendre, nous prendre par le bras et nous conduire là où il veut.

 

 

Un curé capucin

qui s’appela « Marie-Antoine » dans une autre vie

 

Un ami capucin de la Province Corse-Sardaigne, le P. Jean-Marcel Rossini, nous indique que leur couvent Saint-Antoine à Bastia serait intéressé par la belle figure du P. Marie-Antoine dont la béatification paraît de plus en plus probable. Il nous conseille de prendre contact avec le P. Emmanuel, de ce couvent, qui vient d’être nommé curé d’une des paroisses de Bastia, la paroisse de Notre-Dame de Lourdes où lui-même a été ordonné car c’était sa paroisse. Mieux,

 

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Église Notre-Dame de Lourdes

 

que ce P. Emmanuel fut dans une autre vie pas si lointaine -il doit avoir aujourd’hui autour de 40 ans-, ce fameux P. Marie-Antoine des Franciscains du Renouveau dits du Bronx, fondés par huit Capucins, dont on a un temps beaucoup parlé. Leur apostolat est aussi fécond qu’inventif et courageux dans ce quartier de New-York connu pour ses violences et sa pauvreté. Le journaliste Luc Adrian  en a fait un livre, « Des fleurs en enfer », en 2000. Luc Adrian n’est pas un inconnu pour nous, on lui doit un des premiers beaux reportages, en 7 pages, sur le P. Marie-Antoine, dans « Famille Chrétienne » sous la rubrique « Maîtres Spirituels », d’août 2007.

 

De ce P. Marie-Antoine le Jeune, il en fut beaucoup question aussi à Toulouse quand il y passa. Notre ami Raymond de Sèze, de l’Association Notre-Dame des Frères de la rue – association qui en est, depuis la fondation de l’APMA, membre statuaire- lui ayant offert le propre fauteuil, un fauteuil en paille, tout simple, du P. Marie-Antoine, propriété de famille sans doute depuis la vente aux enchères du couvent de la Côte-Pavée après la mort du Père en juin 1907. La rencontre s’est faite au couvent, le P. Marie-Antoine le Jeune étant venu s’incliner sur la tombe de cet Ancien dont le souvenir l’avait amené à prendre le nom. Les origines de sa famille dans la région n’avait sans doute pas été étrangère à ce choix. Sa mère, très discrète jusqu’ici, s’est découverte à nous quand elle a appris que l’exposition allait à Bastia : Mireille Auréjac est une de nos plus anciennes, fidèles adhérentes, demeurant bien loin de Toulouse, dans les Côtes-d’Armor. Quant au fauteuil, le P. Marie-Antoine le Jeune ne pouvant l’emporter avec lui, il le laissa aux Carmes à qui appartient aujourd’hui le couvent, qui le mirent dans la cellule qu’occupait le P. Marie-Antoine l’Ancien, où il est toujours. On comprend que cela crée des liens, même si nous n’avions pas assisté à cette rencontre, qui a eu lieu avant la fondation de l’APMA.

 

C’était suffisant pour que nous mettions avec enthousiasme l’exposition à la disposition de celui qui est devenu, depuis qu’il a retrouvé son nom de baptême, le P. Emmanuel Auréjac, comme c’est de plus en plus la règle dans les ordres. Nous en avertissions aussitôt l’unique, mais fort ancienne aussi, adhérente que nous avions en Corse, lointaine mais si présente par son dévouement : Mathilde Casalta, qui fait partie de cette équipe des « petites mains » dispersées un peu partout, qui « retapent » sur document Word les textes du Père que nous éditons. Merveille, Mathilde appartient aussi à la paroisse de Notre-Dame de Lourdes dont elle est un élément très actif ! Nous allions avoir la joie de faire enfin connaissance.

 

À Toulouse, nous nous y préparons : le secrétaire général de l’APMA, Didier Tardieux, m’accompagnera. Nos places sont retenues, voiture comprise, sur le ferry-boat au départ de Toulon, la communication mise au point, affiches, dossiers de presse, le buffet pour l’inauguration prévu, la liste des livres à emporter faite.

 

 

Un évêque curé du diocèse de Toulouse il y a peu

 

C’est qu’entre temps, le programme s’est peu à peu construit, j’allais dire de fil en aiguille, sans que personne, à Toulouse ou à Bastia, l’ait vraiment défini a priori. Sinon deux certitudes pour nous au départ : l’exposition devait être montée le jour où commencerait la traditionnelle neuvaine de Notre-Dame de Lourdes, du 2 au 11 février, à l’église du même nom. Et l’évêque d’Ajaccio n’est pas un inconnu : Mgr Olivier de Germay était encore en 2012 curé de paroisses dans la banlieue toulousaine, mais aussi vicaire épiscopal et professeur de théologie à l’Institut catholique de Toulouse.

 

Nous apprenons bientôt qu’au couvent Saint-Antoine dont le gardien, le P. François-Dominique, a la gentillesse de nous héberger, aura lieu, pendant notre séjour, une retraite de trois jours, dans le cadre de l’année de la Vie consacrée, pour les religieux et les religieuses de Corse, en présence de Monseigneur. Nous apprenons aussi que l’exposition, à partir du 12 février, quittera l’église Notre-Dame de Lourdes où une permanence n’est assurée que le temps de la neuvaine, pour la chapelle du couvent Saint-Antoine, où elle est prévue jusqu’au 22 février. Pour nous, c’est comme une pluie de grâces.

 

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Le couvent Saint-Antoine, capucin depuis le XVIe siècle, le plus ancien en France

Il est prévu de notre côté que nous rentrions dès le 7 pour assister, au couvent de Toulouse, à l’anniversaire de la mort du Père le 8 février 1907. Comment nous reviendra l’exposition ? Nous laissons à la Providence le soin de trouver une solution, au moins pour traverser la mer.

 

Nous quittons donc Toulouse le samedi 31 janvier à 13h.30  après avoir déjeuné en famille. L’embarquement se fait sans encombres et nous voilà, installés dans de bons fauteuils dans une salle bien chauffée, voguant vers Bastia. La nuit est blanche pour moi, mitigée pour Didier, une bien modeste offrande pour le Seigneur qui va tant nous donner. Et le lendemain, nous voilà comme prévu à 8 h., découvrant la charmante église, ocrée du clocher au parvis, de Notre-Dame de Lourdes, sur le boulevard front-de-mer juste face aux quais de débarquement. Et bientôt son escalier monumental, son curé, Mathilde. Que d’émotions à la fois !

 

La Messe du dimanche est à 11h, nous avons tout le temps de monter l’exposition, dresser le stand des livres au fond de l’église, une vieille habitude. Nous allions installer les seize panneaux, dos à dos sur leurs supports, ramassés sur un côté de la vaste église. Le P. Emmanuel les préfère dispersés près de chacun des piliers de droite et de gauche, et c’est lui qui a raison : ils font très vite partie intégrante de la Maison de Dieu tout en étant beaucoup regardés.

 

 

Un accueil hors normes pour un capucin hors du commun

 

Seigneur, tu le sais, nous sommes venus en pèlerins, le missionnaire de la troupe, c’est le P. Marie-Antoine : fais qu’il conquiert les Corses, que son enseignement et sa vie et son regard si bon, si paternel, comme de son vivant portent des fruits, beaucoup de fruits. En fait, les six jours que nous allons passer au milieu des Bastiais et au couvent, vont être six jours de prière et d’offrande sous le manteau de Marie qui montra ainsi, de façon évidente, sa reconnaissance envers le saint de Dieu, son apôtre bien-aimé le P. Marie-Antoine de Lavaur. Beaucoup de monde autour de nous, généreux, d’une foi à soulever les montagnes, dévoués, actifs, toujours occupés et toujours disponibles – Ah, les femmes corses, de sacrées bonnes femmes ! -, le P. Emmanuel et son jeune et attachant vicaire, le P. Marcelo, Mathilde, Pascal, Bernadette gardienne de Bernadette dans la crypte très visitée, et Josiane, et Eliette, bien d’autres, Julia et Maria ces jumelles joyeusement septuagénaires qui dévaliseront, avec tant d’autres, notre stand de livres au point qu’il faudra à deux reprises s’en faire réexpédier de Toulouse ! « Il nous faut tout en double, c’est comme çà quand on est jumelles. » Deux jours plus tard : « mais celui-là, et celui-là, vous les avez déjà pris en double ! » « Nous les offrirons ! » Piété, générosité, énergie, courage de ces femmes de tous milieux dont les revenus sont statistiquement les moins élevés de France.

 

                                                                                     

 

Beaucoup de monde autour de nous. Que de piété, de générosité souriante !

 

Après la Messe, en route vers le couvent Saint-Antoine, fondé au XVIe s., le plus ancien couvent capucin de France, nous dit-on fièrement : il en a l’architecture jusque dans les détails, ramassé sur trois niveaux dans une profusion de verdure et de lumière, et de fruits parfumés. Il en a aussi la position dominante sur Bastia, sur la Méditerranée. Et le même accueil souriant, joyeux, délicat dans les attentions du Père gardien François-Dominique, des PP. Cristian, musicien, compositeur et tout un poème de drôleries, René, du P. Emmanuel qui loge et prend ses repas au couvent, et de deux « regardants » comme on dit maintenant, Roberto et Walter. Les « Moines de Saint-Antoine » ainsi qu’on les appelle là-bas, servent aussi en paroisses à Bastia, palliant ainsi la crise des vocations comme partout en France, mais plus surprenante peut-être dans ce bastion franciscain du catholicisme qu’est la Corse qui a compté jusqu’à mille franciscains dans 54 couvents toutes familles confondues, dont 300 capucins.  

 

Et une présence qui n’est pas neutre : le couvent est le siège de Radio Salve Regina, très écoutée dans la région, qui y a ses studios. On y trouve l’écho de nombre de temps de prières franciscaines, enregistrées donc à la manière du chapelet de Lourdes, qui jalonnent la vie quotidienne du couvent. Nicole l’anime, le P. François-Dominique la seconde, et d’autres.

 

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L'exposition du P. Marie-Antoine à l'église Notre-Dame de Lourdes de Bastia

 

Très vite, on va de surprise en surprise, chacune comme autant de grâces, que nous prenons comme telles. L’inauguration de l’exposition est prévue le lundi 2, après la messe présidée par Mgr de Germay, un « moine-soldat », m’a-t-on décrit à Toulouse, à vrai dire qui n’a jamais été moine mais qui a effectivement entamé une carrière d’officier après Saint-Cyr et avant d’entrer au séminaire. Il se montre heureux de notre présence, bonheur largement partagé, et nous dira avant de quitter Bastia deux jours plus tard : « On priera le P. Marie-Antoine pour le diocèse ». L’inauguration s’achève autour d’un buffet aussi apprécié qu’amical, de produits corses, vins compris, dont ils sont à juste titre très fiers ici, que nous avions commandés de Toulouse.

 

 

Les journées bien pleines

au couvent capucin Saint-Antoine

 

N’ayant pas prévu de vous partager ce témoignage, nous n'avons malheureusement pas pris de notes de l’homélie de Monseigneur, ni des nombreuses homélies que nous allons entendre tout au long de notre séjour, à raison de trois messes par jour : celle de 9h. de la paroisse où nous restions jusqu’au déjeuner, au moins à tour de rôle ; celle de la retraite des religieux à 15h. un peu après le déjeuner que nous partagions au couvent, comme d’ailleurs le dîner –l’hospitalité de nos Pères capucins fut entière- ; celle enfin de la Neuvaine à la paroisse, à 17h.30 – Sancta Maria, ora pro nobis ; Mater Christi, ora pro nobis ; Mater divinæ gratiæ, ora pro nobis… émouvantes litanies chantées de la sainte Vierge -, précédée du chapelet, pour laquelle l’église de Notre-Dame de Lourdes de jour en jour se remplissait davantage : elle faisait le plein à notre départ le 5e jour. Et, toutes ces homélies tournèrent autour ou à partir d’une citation du P. Marie-Antoine, d’un fait tiré de sa vie : il en était, comme l’indiquait affiches et tracts, le thème. Mieux, le P. Emmanuel, qui n’avait pas ménagé sa peine, avait sollicité divers curés de la ville et des environs pour présider
chaque soir à tour de rôle la Messe de neuvaine en prononçant l’homélie –merci, P. Pinelli, de nous avoir transmise la vôtre, et de nous avoir si bien accueillis au Sanctuaire de Lavasina. Merci à tous. La richesse des écrits du Père, la sainteté de sa vie permettaient cette mobilisation dont le but était d’abord de resserrer les liens entre les paroisses. Nous avons eu, Didier et moi, plus d’une fois les larmes aux yeux durant ces homélies qui honoraient le Père et où l’on retrouvait son enseignement dans toute sa vérité, sa lucidité, son amour des hommes qui est l’amour de Dieu et de sa Mère Immaculée. 

Les jours et les nuits ont passé ainsi très vite. Nous avions la joie de partager avec les Pères dès 6h.10, et les religieux en retraite spirituelle qui logeaient au couvent, la prière des laudes (en italien) et l’Adoration qui précédait, et d’achever nos journées par les Vêpres à 20h.30, radiodiffusées le dimanche et d’ailleurs le lundi 2 février premier jour de la Neuvaine ; suivies les autres jours, le mardi d’une superbe pièce de théâtre sur sainte Thérèse de Lisieux, répétition générale d’une création de la troupe maison, semi-professionnelle, qui la jouait ; le mercredi, d’une réunion de la Fraternité franciscaine dont le P. François-Dominique est l’aumônier ; le jeudi, d’une soirée charismatique d’Adoration et de chants. L’un des participants de la Fraternité, après avoir entendu le témoignage que j’avais été invitée à donner sur le P. Marie-Antoine,  s’est exclamé quelque chose comme : « Nous serons la petite armée du Père Marie-Antoine !. » La Fraternité compte plus de trente membres.

 

L’atmosphère créée par les retraitants durant trois jours nous comblait, paisible, joyeuse et grave, et toute de simplicité à l’image du couvent lui-même. Nous avions eu l’heureuse surprise, à notre arrivée, de faire connaissance de leur prédicateur, le P. David Macaire, dominicain, le brillant prédicateur du dernier Pèlerinage du Rosaire à Lourdes. Il est aussi le prieur de la Sainte-Baume, but de notre pèlerinage en juin. Nous attendons justement de lui une conférence à cette occasion !

 

Avec l’accord du Père gardien, un exemplaire de « Au-delà des Mots », le beau livre en images de la vie du P. Marie-Antoine, a été offert à chacun des participants. Nous en avons fait un large tirage précisément pour pouvoir l’offrir parfois en nombre en des occasions exceptionnelles. Celle-ci l’était. Quelle fut notre surprise, du coup mâchoire et fourchette immobilisées, quand, à peine assis, un religieux –puis un autre, et encore un autre, et même Monseigneur !- s’est mis à lire la vie du P. Marie-Antoine, dans le texte, limpide et précis, de Bernadette Bourbon. La lecture se continua, repas après repas. Pour les dix dernières minutes du dernier repas des retraitants, on eut la délicate attention de m’apporter le livre : il s’agissait, ô combien émouvants, des derniers moments, toujours combattifs et maintenant solitaires, du Père.

 

Nous avions oublié l’image avec la prière pour sa béatification, très belle, très parlante, de l’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall – tiens, un bénédictin !- rédigée… le 11 février 2011. Comme le livre deux jours plus tôt, les retraitants la trouvèrent dans la salle de réunion, sur leurs sièges, le matin du départ. Nouvelle surprise, et nouvelle émotion quand, avec Didier, nous avons vu à la fin de la Messe de clôture, l’image apparaître dans toutes les mains, et entendu, d’une seule voix qui raisonna dans la grande et « antique » (dirait le P. Marie-Antoine) chapelle du couvent, offrir cette prière à Dieu par l’intercession, nécessairement par l’intercession de Marie.

 

Il fallut partir à notre tour. - Et l’exposition ? Au fait, qui pourra nous la ramener, au moins jusqu’à Toulon ou Marseille ? - Si elle peut attendre jusque début avril, nous répondit le Père François-Dominique, je vous la ramènerai moi-même jusqu’à Toulouse. Je dois me rendre à cette date sur le continent. - En voiture, mon Père ?

- En voiture.

Nous étions sur un petit nuage en arrivant à Toulouse, à Brive pour Didier. Il fallut bien atterrir.

                                                                                                                                                                     Jacqueline Baylé et Didier Tardieux, Février 2015

                                      Le parcours de l'exposition itinérante du Centenaire: (Suite)


Date de création : 12/03/2015 09:41
Dernière modification : 17/09/2018 21:20
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